L'entretien technique - partie 1
6 min de lecture
Les entretiens font partie de la vie professionnelle de quiconque, dans tous les domaines. Ils peuvent être des entretiens d’embauche, des entretiens annuels ou encore des entretiens techniques. Dans le monde du développement, les recrutements comportent généralement 2 entretiens, l’un souvent décrit comme entretien RH, dont l’objectif est de mesurer l’adéquation entre votre profil et l’entreprise que vous souhaitez intégrer, et l’autre destiné à mesurer vos compétences techniques. C’est de ce dernier dont nous allons parler aujourd’hui.
Pour ma part, j’ai toujours eu une peur panique de ce type d’entretien, et je sais que nombreux sont ceux qui détestent se prêter à l’exercice. J’ai été confronté il y a quelque temps à un entretien technique, et, alors même que je ne m’étais pas préparé, j’ai fourni des réponses suffisantes aux yeux du client, qui m’a intégré à ses équipes.
Revenons sur les éléments qui pourraient vous aider à appréhender ce type d’entretien avec sérénité.
Un entretien ça se prépare
Si on conseille de se renseigner sur l’entreprise qu’on va rencontrer, son activité, ses réseaux sociaux, ses valeurs quand on s’apprête à passer un entretien RH, il en va de même pour un entretien technique. Les éléments préparés seront évidemment différents, mais le principe reste le même.
Revoyez en détail l’offre à laquelle vous avez postulé, les mots-clés, termes qui vous semblent importants et qui vous permettront d’appuyer votre propos.
Révisez les notions de base des langages/frameworks que vous utilisez (injection de dépendances, asynchronisme etc.), mais aussi les notions de base du développement (git, les tests, les API REST si vous faites du back par exemple) ainsi que les dernières évolutions dans la ou les technologies prépondérantes sur votre CV. Si comme moi vous faites principalement du back, attendez-vous à parler base de données, SQL et ORM.
Un entretien technique peut aussi porter sur la méthodologie
Il est indispensable de mettre en avant vos compétences techniques, mais aussi de mettre en avant votre méthode de travail. Qu’il s’agisse de répartition du temps de traitement d’un sujet (conception, dev, tests) ou des méthodes de gestion de projet avec lesquelles vous avez pu travailler (Agile, Scrum, Kanban), il est essentiel de prendre du recul sur les différentes manières de travailler que vous avez pu rencontrer.
Un développeur ou un leader technique attend de vous que vous fassiez preuve d’esprit critique, et n’attendra pas que vous répondiez “Oui c’est bien.” ou “Non ça ne me va pas.” pour tout. Il ou elle attend de votre part un avis nuancé, argumenté et construit quand vous êtes à-même de donner un avis complet et étayé.
Purgez votre CV
Si vous avez toujours sur votre CV chaque module de votre formation et que votre expérience sur 10 technos est celle d’un Hello World, mieux vaut vous abstenir de les mentionner. À l’occasion de mon dernier entretien technique, j’ai dû revenir sur la plupart des compétences citées, en évaluant mon degré de pratique et d’aisance sur chaque sujet, et en répondant à des questions techniques assez précises sur chacun des sujets évoqués.
Quand vous n’avez pas pratiqué depuis quelque temps l’une ou l’autre des technologies qui se trouvent sur votre CV, dites-le. Dans mon cas, j’ai été amené à parler de Liquibase, une technologie que je n’ai pas utilisée depuis plusieurs années et sur laquelle je n’ai eu que peu de choses à dire. J’ai parlé des notions qui me restaient et de mon utilisation de l’outil dans le contexte dans lequel j’étais à cette époque, tout en précisant que je ne pouvais pas rentrer dans les détails.
Anticipez !
Si les projets auxquels vous avez participé incluent des sujets de recherche, comme de la comparaison de bases de données (comme j’ai pu le faire), attendez-vous à revenir sur le sujet avec des questions précises, sur vos conclusions, la manière dont vous avez mené le projet etc.
Vous n’êtes pas prêt ? Faites-vous confiance !
L’entretien qui m’a donné envie d’écrire cet article a été programmé du jour au lendemain ou presque, et je l’ai réalisé sans véritable préparation, à part quelques recherches sur l’entreprise. J’ai découvert malgré moi qu’avec une préparation somme toute très légère, j’ai pu répondre à la plupart des questions, tout en reconnaissant mes lacunes quand je ne maîtrisais pas certaines technos.
Pas de baratin
Ne noyez pas le poisson quand vous ne maîtrisez pas un sujet, soyez direct et sachez reconnaître que vous n’avez pas eu la possibilité de travailler sur le sujet en question, mais que vous êtes curieux de le découvrir si toutefois la mission porte sur ce sujet. Votre interlocuteur appréciera bien plus la franchise que de voir un candidat ou une candidate qui cherche à montrer qu’il maîtrise le sujet alors que ce n’est pas le cas.
Dans mon cas, les premiers pas que j’ai fait avant de devenir développeur m’ont amené à faire du support informatique, avec beaucoup de SQL. Mon responsable, quand il m’a informé que j’avais été retenu, m’a dit que j’étais le seul à m’être présenté en disant “Non, je ne connais pas le SQL, je me suis renseigné sur le sujet avant notre entretien et je suis très intéressé par le sujet.”. Tous les autres candidats avaient abordé leur entretien en étalant leur connaissance du SQL, ce qui les a clairement desservi.
Soyez franc et direct
Si vous ne souhaitez pas effectuer tel ou tel type de tâches, dites-le ! Dans mon cas, quand j’ai intégré ma première ESN, j’ai clairement indiqué que la pire chose qu’on pouvait me demander était de faire du support.
Imaginez être embauchés et devoir faire la pire chose possible dans votre travail, dépression assurée !
Développez vos réponses
Un entretien technique est l’inverse d’un QCM, et à l’instar des questions de méthodologie, pas question de répondre seulement “Oui”, “Non”, “Je ne sais pas”, “Alors, euh…”. Comme beaucoup de choses, une question simple n’attend pas toujours une réponse simple, et pendant votre entretien, aucune question n’attendra une réponse simple.
Au risque de me répéter, ne développez pas vos réponses si c’est pour noyer le poisson sur des lacunes, restez honnête et humble, évoquez ce que vous connaissez en précisant que vous ne sauriez aller plus loin.
Inspirez, expirez…
On n’attend pas de vous que vous débitiez une réponse le plus vite possible, mais que vous soyez capable de fournir une réponse construite. Le temps n’est pas votre ennemi, prenez le temps de réfléchir et de formuler votre réponse. Ce n’est pas une course de vitesse.
Rappelez les liens entre le travail attendu dans le poste que vous visez et vos expériences, afin de montrer que vous comprenez bien le périmètre dans lequel vous serez amené à travailler et de mettre en avant les compétences que vous avez déjà.
Conclusion
J’espère que ces conseils vous permettront d’aborder les entretiens avec plus de sérénité et d’assurance. Je reviendrai dans un autre article sur le type de questions que j’ai pu rencontrer, ça pourrait vous être utile, non pour les questions en elles-mêmes, mais pour vous donner une idée des sujets qui peuvent être abordés.
Cet article vous a plu ? Contactez-moi sur LinkedIn 😉 !
